Nous vous livrons ici le récit de Nolan Masson qui, depuis peu, s’est laissé emporter par la passion des trains. Une passion qui le conduit sur le terrain le 29 août dernier pour immortaliser un convoi spécial avec la A1A-A1A 68540 du Creusot à Ambérieu et, après un relais traction, la CC 6549 en livrée Arzens et la BB 25188 en gris béton d’Ambérieu à Chambéry.
Je m’appelle Nolan, j’ai 12 ans, j’ai une passion : les trains !
Vendredi 27 août 2021, je regarde le graphique des circulations sur le secteur d’Ambérieu-en- Bugey sur l’ordinateur de mon père qui travaille chez SNCF Réseau, et je remarque un numéro de sillon inhabituel : le n° 28003 devant circuler le dimanche 29 août. C’est un train touristique au départ du Creusot et à destination de Chambéry. Je vais donc sur le site de l’association des Chemins de fer du Creusot (CFC) pour me renseigner sur l’engin moteur qui doit circuler. À ma grande surprise ce n’est pas une locomotive mais trois. Il est prévu la A1A-A1A 68540 du Creusot à Ambérieu et, après un relais traction, la CC 6549 en livrée Arzens et la BB 25188 en gris béton avec grandes persiennes d’Ambérieu à Chambéry. Je dis à mon père « Il faut absolument aller voir ce train pour le prendre en photo et le filmer. » Après l’obtention de son accord (facile, c’est aussi un passionné !), je fais du repérage sur Google Maps pour chercher un bon coin photo entre Pont-d’Ain et Ambérieu ; je trouve Ambronay.
Dimanche 29 août, jour J, 9 h 50, je pars en voiture avec mon père, direction Ambronay, pour aller voir le fameux train.
10 h 30 : nous arrivons à Ambronay avec une bonne demi-heure de marge pour nous installer et préparer le matériel. Mon repérage est concluant étant donné que nous sommes une quinzaine de passionnés sur le site. Ce qui est drôle c’est que quelqu’un a amené un petit taille-haie avec batterie pour nettoyer le bas du talus ; en 10 min il est tout propre.
10 h 55 : passage d’une UM de Régiolis Franche- Comté en provenance de Besançon pour Lyon- Perrache. Tout le monde en profite pour tester son matériel. 11 h 03 : passage du train tant attendu aux aiguilles d’IPCS de Saint-Martin-du-Mont. Les applis SNCF sont pratiques pour savoir où se trouvent les trains en temps réel.
11 h 08 : le fameux convoi arrive dans un concert de klaxon avec la 68540 en tête. Des voyageurs nous saluent par la fenêtre. Après son passage, tout le monde est pressé de partir pour le voir une deuxième fois au-delà d’Ambérieu. C’est possible grâce à un arrêt de 20 min à Ambérieu pour le changement de locomotives et le rebroussement.
11 h 10 : direction Torcieu pour voir le convoi avec la CC 6549 en tête suivie de la BB 25188 en double traction.
11 h 25 : nous arrivons à Torcieu, et préparons le matériel.
11 h 40 : le convoi arrive avec quelques minutes de retard, deuxième avalanche de klaxon de la matinée.
11 h 42 : nous repartons de Torcieu direction le dépôt d’Ambérieu, avec l’espoir de voir la fameuse 68540. Sur la route, en passant devant le dépôt, je dis à mon père « la 68540 est au dépôt ». Direction la plaque tournante. À notre arrivée nous faisons quelques clichés du matériel moteur présent (BB 36300, BB 26000, X 73500 et Regio 2N) et allons voir plus précisément la grosse diesel bleue. Nous faisons le tour de la machine et je demande au conducteur si je peux monter faire un tour dans la cabine et il me répond « oui ». Je monte donc dans la cabine et prends quelques photos et il me propose d’aller voir le moteur. Impressionnant ! Trop bien !
Ensuite, je remonte dans la voiture et je rentre chez moi. L’après-midi même, j’écris ces lignes.
Maintenant, je vais vous raconter comment j’en suis arrivé là.
J’ai commencé à me passionner pour les trains pendant le premier confinement, car mon père travaille chez SNCF Infrarail et je l’écoutais pendant ses réunions lorsqu’il était en télétravail. Je me suis mis à lui poser des questions sur les trains : numéros de série des locomotives, types de courant, livrées, services affectés… J’ai aussi fait des recherches sur Wikipedia.
Ce qui a aussi déclenché ma passion c’est la visite du TGV PSE n° 01 « Patrick » à Lyon-Perrache en mars 2020 juste avant le confinement ; il était en « en tri-livrée » Atlantique, carmillon et orange. J’ai pu visiter la cabine et discuter avec les conducteurs, c’était très intéressant.
C’est comme ça que je suis tombé dans la passion des trains. En plus nous avons un réseau de train miniature en HO (1/87). Parfois mon père me dit que je devrais aller en désintoxication de la passion des trains puisque je n’arrête pas de lui poser des questions…
Depuis le déconfinement de mai 2020, j’essaie d’aller voir tous les trains intéressants (trains de machines, acheminements spéciaux, trains de mesure, CMR, trains de travaux…) passant en gare de Saint-Maurice-de- Beynost à côté de chez moi, et je les prends en photo et en vidéo. Il y a des conducteurs qui donnent de gros coups de klaxon et qui me saluent, c’est top pour mes vidéos. Merci à eux !
Cet article est tiré du n°290 de RAIL PASSION dont voici la couverture :