Amorcé à la fin des années 90, le déclin de cette série de machines, née en 1964, a connu son dernier acte en décembre 2016 avec le retrait des deux seuls engins encore en service en ligne. Ainsi s’achève la carrière de ces locomotives polyvalentes que l’on aura vues en tête de trains de fret comme de voyageurs.
Avec le retrait en décembre des deux dernières unités (les 8592, 8593, de Montrouge gérées par SNU), conservées en réserve pour la desserte TER Centre Paris – Chartres, l’agonie de cette valeureuse série (ayant compté 146 exemplaires), qui s’est étalée sur une grande décennie, est maintenant consommée. Tout au plus, restait-il au parc le 1er janvier 2017, la 8629, de Toulouse, employée par Intercités pour les manoeuvres de rames de pèlerins à Lourdes, dont les jours sont comptés, et les 8553, 8556, en utilisation spéciale, munies de grandes étraves pour des déneigements éventuels de la partie haute de la ligne du transpyrénéen oriental, sur le dos-d’âne du col du Puymorens.
Construites entre 1965 et 1974, c’est-à-dire entre leurs soeurs BB 9200, 9400, et les CC 6500 et BB 9300, les BB 8500, locomotives mixtes de moyenne puissance, auront approché pour certaines le seuil des 50 ans de carrière. Grâce à leurs équipements, leur conférant une aptitude à la polyvalence, elles ont assuré des prestations variées et auront pleinement répondu à de nombreuses exigences et sollicitations des services de l’Exploitation, comme celles, passagères, inattendues, en banlieue parisienne. Leur service aura été varié, allant des express, omnibus, aux messageries, marchandises, se déroulant sous la caténaire 1,5 kV de la plupart des lignes de plaine et de montagne du réseau SNCF, couvrant les ex-régions Ouest, Sud-Ouest et Sud-Est (voir carte page 56).
Très appréciées à l’origine au Sud-Ouest
Montées sur deux bogies monomoteurs à roues de 1,11 m, à double rapport de réduction manoeuvrable à l’arrêt (V = 140 km/h, M = 90 km/h), d’une masse de 79 t, couplables entre elles, avec caisse à revêtement travaillant longue de 14,70 m puis de 14,94 m, suspension pendulaire, les 8500 sont la version continu de la trilogie comprenant également les BB 17000 à 25 kV et les BB 25500 bicourant, acquises en parallèle au milieu de la décennie 1960 pour satisfaire les futurs programmes d’électrification et de renouvellement du parc.
Une fois de plus, les lois rudes de la radiation ont gagné et c’est terminé pour nos chères camarades les BB 8500. Ces locos pas très confortables mais tellement plaisantes à conduire selon la plupart de leurs mécaniciens, ont terminé l’une des carrières exemplaires du parc de la SNCF qui a duré plus d’un demi-siècle. On se souvient de les avoir observé en tête des trains de banlieue, des trains régionaux et des trains de fret. L’une parmi elles (BB 8516) habillée en vert foncé était même devenue une vraie vedette grâce au film “Tendre Poulet” en 1978. Si on voit pas un jour une BB 8500 conservée au Cité du Train à Mulhouse, nos coeurs ferroviphiles ne cacheront pas leur lourd chagrin.
Beau message d’adieu à ces valeureuses machines qui auront (trop !) discrètement marqué une grande et longue époque. Une raison de plus pour (RE)voir « Tendre Poulet », dialogué en majeure partie par Michel Audiard, donc une double raison de se régaler….
(NB, le film est sorti en salle début janvier 1978, mais a été tourné sous l’oeil et la caméra de Philippe de Broca exclusivement en 1977)
Les BB 8500, parmi les locomotives vétérans les plus laborieuses du parc matériel moteur de la SNCF, sont enfin arrivées aux butoirs nommés “fin de carrière.” Elles étaient de petites locomotives robustes, construites de 1964 à 1974 et étaient polyvalentes grâce à leur dispositif de changement de réduction leur permettant d’assurer des services voyageurs ou marchandises. On les voyait souvent sur les parcours banlieue avec des RIB (Rames Inox de Banlieue) ou des VB2N (Voitures Banlieue 2 Niveaux). Et que leur reste-il encore avant la radiation inévitable? La préservation de l’une de leurs soeurs pour le musée national de chemin de fer comme signe de respect unanime de l’avoir compris et apprécié.